Tester sa santé : une priorité individuelle et de santé publique

Synthèse de la table ronde du 29 juin 2021 organisée par Roche Diagnostics France*

 
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La prévention, un vrai remède pour le monde de demain

Mise en lumière par la pandémie de Covid-19, la dégradation de l’état de santé de la population mondiale montre à quel point la médecine préventive a un rôle crucial à jouer aux côtés de la prise en charge conventionnelle, presque exclusivement axée sur le soin.

Cette évolution nécessaire était au cœur des débats de la table ronde ‘’Tester sa santé, une priorité individuelle et de santé publique’’, organisée à l’initiative de Roche Diagnostics France, un des leaders français du diagnostic biologique.

L’enjeu ? Démontrer comment l’utilisation du diagnostic biologique (ou diagnostic in vitro), aux performances reconnues mais globalement sous-utilisées, doit s’imposer dans le ‘’monde d’après’’ en appui de la prévention primaire.

Cette approche nouvelle, plébiscitée par les patients, doit toutefois lever de nombreux freins, entre sensibilisation et formation des médecins, accessibilité aux examens de prévention et, surtout, remise en question du système de santé actuel.

Table ronde

Animée par le Dr Gérald Kierzek, urgentiste, la table ronde a réuni cinq experts, invités par Roche Diagnostics France* pour évoquer le rôle central de la prévention et du diagnostic in vitro dans la médecine de demain autour de Mark Osewold, président de la filiale française du groupe Roche pour les activités diagnostiques :

●      Frédéric Bizard, économiste en santé, président de l’Institut Santé

●      le Dr Christophe de Jaeger, directeur de l’IPSL (Institut Prévention Santé et Longévité) et de la SFMPL (Société Française de Médecine et de Physiologie de la Longévité)

●      le Dr Jennifer Franco, médecin généraliste

●      le Dr Laurent Kbaier, biologiste médical de Biogroup, premier groupe de biologie médicale en France. 

●      Éléonore Piot, patiente et vice-présidente de l’association Imagyn, dédiée aux cancers gynécologiques.

Table ronde

Oui, prévenir vaut mieux que guérir

 

 

L’épidémie de Covid-19 a révélé qu’un grand nombre de patients admis en réanimation dans un état grave étaient atteints de comorbidités, dont beaucoup pourraient pourtant être prévenues 
 

rappelle le Dr Gérald Kierzek, animateur de la table ronde.

 

Durement confronté aux maladies virales comme à des pathologies chroniques de plus en plus fréquentes (obésité, diabète, hypertension, cancer…), le monde a pris conscience de la fragilité de sa population. Son état de santé général se dégrade, y compris dans les pays développés où la prévention reste le parent pauvre d’un système de santé focalisé sur une approche curative plus que préventive.

Le constat est pourtant simple : une meilleure prévention en matière de santé serait essentielle pour lutter contre le risque de maladies chroniques. Et, incidemment, contribuerait à mieux surmonter une crise sanitaire de l’ampleur de la pandémie de Covid-19.

 

Selon l’économiste Frédéric Bizard, Président de l’Institut Santé, cette prise de conscience post-épidémique peut clairement servir « d’accélérateur » :

 

Notre système de santé se préoccupe plus des gens malades que de protéger la population à travers une approche préventive. Le problème est culturel et doit se traduire par une refonte systémique, couplée d’une approche politique : aujourd’hui, 98 % des dépenses de santé vont au soin, 2 % seulement à la prévention institutionnelle… 
 

Mark Osewold,  Président de Roche Diagnostics France confirme :

 

L’heure est venue de tirer des leçons [...] il y a des choix difficiles que l’on pourrait éviter si l’on consacre plus d’énergie et de temps à la prévention.
 

Dans ce contexte, le diagnostic in vitro est en effet un atout formidable pour inverser la tendance, comme l’a encore démontré, dans la crise sanitaire, l’efficacité du dépistage massif par tests PCR.

La biologie propose aujourd’hui tout un arsenal d’outils préventifs susceptibles de contribuer à l’amélioration de la santé de la population.

Les examens traditionnels (bilan sanguin, analyse d’urine, examen bucco-dentaire, bilan biométrique, test visuel et auditif, test cérébral…) fourmillent en effet de données sous-utilisées mais susceptibles d’être valorisées dans un cadre dépassant celui de l’instant T : la sénescence, ce processus naturel de vieillissement du corps et de l’organisme démarrant sitôt après l’adolescence.

Associées à une cartographie physiologique, de nouvelles analyses peuvent être proposées (neuroendocriniens, stress oxydant, nutrition avancée, glycation, mesure des télomères…) permettent ainsi d’aller plus loin et de déterminer sans tarder les orientations à prendre pour anticiper et diminuer les risques de développer une pathologie chronique.

D’où l’intérêt de ne pas attendre un âge limite ou la survenue de symptômes pour profiter des bénéfices d’un examen.

Dr Gérald Kierzek
Frédéric Bizard
Frédéric Bizard
Mark Osewold
Table ronde
Table ronde
Table ronde
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Dr Christophe de Jaeger
Eleonore piot
Table ronde

Des patients attentifs aux bénéfices de la médecine préventive

 

Au cœur d’une société qui voit les pathologies chroniques augmenter avec le vieillissement de sa population, les Français accordent de plus en plus d’importance à la prévention précoce de leurs maladies potentielles. Les patients (de demain) veulent maîtriser leur capital santé et sont demandeurs des bilans, check-up et analyses qui leur permettront d’anticiper une éventuelle dégradation de leur état de forme.

Les médecins généralistes sont les premiers maillons de cette chaîne de prévention. 

 

C’est au médecin d’apprendre à son patient que lorsqu’il va bien, il doit commencer sans attendre à travailler sur son capital santé pour éviter les pathologies futures,

 

confirme le Dr Christophe de Jaeger, spécialiste des mécanismes de la sénescence. Un message auquel adhèrent volontiers les patients, parfois étonnés par la panoplie d’outils disponibles.

 

La prévention s’améliore mais elle est encore insuffisante. Alors que le dépistage est souvent tardif, parfois au stade 4, trop de femmes ignorent encore son intérêt . Nous avons pourtant la chance d’avoir d’excellents moyens, comme le frottis ou le test HPV, qui permettent de les prendre en charge avant même le déclenchement de leur cancer 

 

témoigne Éléonore Piot, patiente et vice-présidente de l’association Imagyn, dédiée aux cancers gynécologiques.

 

Les moyens de prévention existent, certains sont même connus de longue date. 

 

On sait aujourd’hui que des biomarqueurs spécifiques nouvellement disponibles permettent de détecter des troubles neurodégénératifs quinze ans avant leur apparition, ce qui permet d’anticiper et d’agir plus vite

 

relève Mark Osewold. On sait que le dépistage organisé du cancer colorectal contribue déjà à diminuer significativement son incidence. Et que le cancer du sein ferait beaucoup moins de ravages si le nombre de mammographies, auxquelles se prête seulement une femme sur deux en France aujourd’hui, augmentait.

 

Cette généralisation nécessaire des techniques de dépistage, qu’elles soient technologiques ou biologiques, doit toutefois s’accompagner d’une approche personnalisée, établie en fonction de l’âge, du mode de vie (alimentation, activité physique, etc.), de la forme et de l’état de santé du patient. Et cela réclame du temps et de l’investissement, tant de la part du patient que du médecin.

 

Table ronde

Face aux freins, quelles solutions ?

 

Le premier enjeu est de faire prendre conscience de l’importance de la prévention tout au long de la vie et de la rendre ainsi accessible à tous.

 

Je vois beaucoup de demandes de bilans de santé chez des patients à niveaux socio-économiques élevés,

 

indique le Dr Jennifer Franco, médecin généraliste en Île-de-France. Dépister les plus fragiles n’est pas simple. La prévention fait aujourd’hui les frais des inégalités sociales, mais elle ne doit surtout pas se cantonner à une médecine de luxe.

 

En première ligne, les médecins généralistes ont un rôle pédagogique à jouer, pour peu qu’ils soient en mesure d’y consacrer le temps suffisant. Instaurer une stratégie de prévention poussée avec un patient est en effet particulièrement chronophage, entre sensibilisation, prescription des analyses et étude des résultats.

Dégager du temps médical est donc une priorité fondamentale. L’une des solutions pourrait d’ailleurs venir de l’entreprise, où la médecine du travail pourrait obtenir les moyens de mettre en place un premier rideau préventif.

La formation des médecins, qui n’ont pas baigné dans cette culture préventive durant leurs études, est une autre priorité.

 

Grâce aux examens de biologie réalisés (y compris ceux de routine), nous avons dès aujourd'hui accès à une foule de données permettant d’établir du scoring (par exemple un score d’évaluation cardiaque) . Cela peut s’accélérer, mais il faut encore que les prescripteurs, qui ont surtout été sensibilisés à une prise en charge curative, soient formés,

 

concède le Dr Laurent Kbaier, pharmacien-biologiste au sein de Biogroup. Tous n’ont pas le réflexe de proposer des tests spécifiques plus performants que ceux du bilan sanguin standard. Ils n’ont pas non plus les connaissances suffisantes pour interpréter au mieux l’ensemble des résultats, les retranscrire intégralement au patient et établir avec lui une prise en charge adaptée.

 

Intégrer une dimension préventive aux consultations a aussi un impact financier pour les praticiens.

Pour l’économiste Frédéric Bizard, une juste rémunération sera forcément garante de leur engagement dans cette nouvelle approche médicale globale. 

 

Les soins courants doivent rester payés à l’acte, mais la prévention se paie à la capitation ajustée. Sans cela, les médecins ne peuvent pas s’y retrouver
 

Ce mode de rémunération se traduit par la perception d’une somme forfaitaire annuelle, établie en fonction du nombre de patients suivis, de leur âge et de leur état de forme. Et comme le coût des analyses peut également être un frein pour le patient, la question de leur remboursement doit donc clairement se poser à l’aune de cette évolution.

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Dr Jennifer Franco
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Dr Laurent Kbaier
Frédéric Bizard
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Dr Gérald Kierzek
Dr Christophe de Jaeger

Le patient acteur de la prévention

 

Avant tout autre considération, c’est bien l’investissement du patient dans la gestion de sa santé à toutes les étapes de sa vie qui est le facteur-clé de la prévention.  Mais, si la prise de conscience est une réalité, la motivation l’est aussi et les patients veulent s’impliquer. 

 

La crise Covid a eu un effet important : pour la première fois, on a transformé le patient en auto-prescripteur, avec les tests PCR,
 

note le Dr Laurent Kbaier. Néanmoins, la prise en main de sa santé par le patient ne doit pas occulter le rôle du professionnel de santé. Il doit être présent d’un bout à l’autre de la chaîne préventive, de la prescription des examens à l’étude des données.

 

Comme évoqué précédemment, l’analyse data des bilans et examens réalisés permet d’établir un scoring. Ce scoring, mesurable, est source de motivation (pour les patients atteints d’une pathologie ou pour tout individu qui cherche à améliorer son capital santé) :

 

sensibiliser quelqu’un sur un score ou sur un âge physiologique permet par exemple de montrer à un diabétique les évolutions possibles de la maladie, en croisant ces données avec l’historique familial pour mieux cerner l’ampleur du risque futur,

 

précise le Dr de Jaeger. Le suivi des mesures permet aussi de valoriser les efforts fournis, et donc de les encourager, là où une simple recommandation, parfois inadaptée au sujet, se révèlera inefficace.

Conclusion

 

Évaluer et tester sa santé tout au long de sa vie, en profitant des nombreux outils de dépistage in vitro, est donc bel et bien l’un des grands enjeux actuels de santé publique.

Au-delà de permettre une adaptation permanente du patient aux différents risques, en fonction de son âge et de sa forme, cette gestion préventive limite la survenue de pathologies graves, améliore les conditions de vie de l’usager de la santé et les chances de survie des patients.

De l’individu aux institutions en passant par le corps médical, cette prise de conscience doit pouvoir se concrétiser, même tardivement : il n’est jamais trop tard pour apprendre à gérer sa santé. 

 

 

* Roche Diagnostics France, filiale du groupe pharmaceutique Roche (Suisse), acteur majeur en France du diagnostic biologique, commercialise des tests innovants en cancérologie, cardiologie, dépistage de la Trisomie 21, pré éclampsie, traumatismes crâniens, dépistage du SIDA….